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21 décembre 2005
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OPA: plus d'appétit des Français à l'étranger que des étrangers en France Les rachats d'entreprises étrangères par des firmes françaises ont fortement progressé en 2005, et dépassent largement les acquisitions de groupes français par des étrangers, à contre-courant des craintes, exprimées en France, d'un rachat massif des champions nationaux. Les rachats d'entreprises étrangères par des groupes français ont progressé de 157,4% en 2005, pour un montant de 60,6 milliards d'euros (23,5 milliards en 2004), alors que les opérations étrangères sur des entreprises françaises ont baissé de 44% à 25,4 milliards (45,5 milliards en 2004), rapporte le bimestriel Fusions et Acquisitions Magazine à paraître début mars. Pourtant, au nom du "patriotisme économique", le gouvernement s'est mobilisé à plusieurs reprises contre des tentatives de rachat de groupes français par des étrangers, depuis une rumeur de rachat cet été de Danone, fleuron de l'agro-alimentaire français, par l'américain Pepsico. Il vient même de se doter d'un arsenal législatif pour contrer les prises de contrôle étrangères. Lundi, le président Jacques Chirac a encore qualifié "d'hostile" l'offre d'achat du numéro deux de l'acier Arcelor par le numéro un Mittal Steel. Le gouvernement reproche à Mittal son "manque de projet industriel". Arcelor, né de la fusion du français Usinor, du luxembourgeois Arbed et de l'espagnol Aceralia, est basé au Luxembourg. Mittal Steel est de droit néerlandais. L'émotion suscitée par cette opération a semblé un peu trop forte aux yeux mêmes du patron d'Arcelor Guy Dollé, qui a demandé jeudi aux gouvernements de se "calmer dans leurs déclarations". Le gouvernement aurait aussi fait savoir qu'il était "complètement opposé" à une éventuelle OPA du groupe énergétique italien Enel sur le français Suez. La présidente de l'Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam) Colette Neuville, a refusé jeudi de "parler de nationalité des entreprises, alors qu'actuellement elles font leur chiffre d'affaires, leur bénéfice, essentiellement à l'étranger". Par ailleurs, "les entreprises françaises ne se privent pas d'aller conquérir des parts de marché à l'étranger en faisant des OPA à l'étranger", a-t-elle ajouté. En 2005, les groupes français ont mené 190 opérations sur des groupes étrangers, contre 157 en 2004, dont la plus importante a été le rachat par le groupe agro-alimentaire Pernod-Ricard du britannique Allied-Domecq, pour 14 milliards d'euros. Les entreprises étrangères ont réalisé de leur côté 172 opérations sur des groupes français en 2005, contre 189 en 2004, dont la plus grosse a été l'OPA du numéro un espagnol de la promotion immobilière Metrovacesa sur la société foncière française Gecina pour 5,5 milliards d'euros. Mme Neuville dénonce un "manque de cohérence entre un protectionnisme intérieur et un impérialisme extérieur". L'Adam conteste notamment une mesure qui autorise une société cible d'une OPA à émettre des bons de souscription d'actions (BSA) afin d'augmenter son capital et de rendre la "proie" plus chère à acquérir. La Commission européenne a elle aussi jugé "protectionniste" un décret français destiné à protéger 11 secteurs stratégiques de prises de contrôle étrangères. Le député UMP Bernard Carayon, promoteur de la notion de "patriotisme économique", n'est pas de cet avis. "Est-ce qu'on veut que notre pays devienne le champ clos d'arbitrages financiers opérés dans notre dos ? (...) Ou cherche-t-on à défendre notre patrimoine social, technologique, industriel ?", s'est-il insurgé jeudi. Anne Renaut
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