La Tribune 9 juillet 2003
9 juillet 2003

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La France appelée à muscler son intelligence économique

Un rapport parlementaire relève les carences françaises et fait 38 propositions. Il souligne l'importance d'un "patriotisme économique", sur le mode américain, pour soutenir la compétitivité des entreprises.
Il propose la nomination d'un délégué interministériel et la création d'une cellule spécialisée à Matignon.A l'échelle régionale, la Franche-Comté s'est mobilisée dès 1998 et fait figure d'exemple

Retard français
La Tribune - édition du 09/07/2003
Pascal Aubert

Partout où il y a du commerce, il y a des moeurs douces", écrivait naguère Montesquieu. C'était il y a longtemps. Les choses ont bien changé. L'univers du commerce, et plus spécifiquement du commerce international, est un univers impitoyable où s'entrechoquent des intérêts et des sommes considérables. Les "moeurs douces" n'y ont plus cours. Et les contentieux y sont évoqués en termes belliqueux. Les "guerres" fleurissent. Celles de la banane, de l'acier, du pétrole ou encore des subventions agricoles. Le commerce est aujourd'hui devenu une façon de faire la guerre de façon pacifique. Une guerre où l'information a remplacé le fusil et le concurrent l'ennemi. Le rapport du député Bernard Carayon qui repose depuis quelques jours sur le bureau de Jean-Pierre Raffarin pointe avec justesse le retard et les faiblesses de la France dans la grande compétition planétaire pour la collecte de l'information, carburant désormais vital du développement et de la compétitivité des entreprises. L'enjeu est réel. Le diagnostic est bon. Certains remèdes proposés laissent parfois perplexe. Alors que, dans ce domaine, le pragmatisme anglo-saxon est souvent donné en exemple, pourquoi faut-il par exemple qu'on nous propose la création d'un "comité Théodule" et la nomination d'un "monsieur Intelligence économique" ? Comme si les instruments existants de collecte de l'information publics et privés ne pouvaient pas travailler ensemble sans un chaperon bureaucratique ! De l'autre côté de l'Atlantique, la charnière public/privé dans ce domaine fonctionne à la grande satisfaction des deux parties sans tutelle institutionnelle. Pourquoi ne pas s'inspirer, pour une fois, sans honte de l'esprit et des méthodes qui semblent servir si bien les intérêts de nos partenaires, et parfois concurrents, américains. L'intelligence économique peut sans doute y aider...