Question écrite à Mme le ministre de l’Économie, de l’industrie et de l’emploi concernant le projet de réforme de la normalisation.
lundi 21 avril 2008
Dans le cadre de la réforme du système français de normalisation, Bernard CARAYON, souhaite attirer l'attention de Mme le ministre de l’Économie, de l’industrie et de l’emploi sur les projets de loi et de décret diffusés par le ministère de l'Économie, de l’industrie et de l’emploi.
- 1. Le projet de loi prévoit que « la normalisation et sa promotion sont assurées, sous le contrôle de l’Etat, par le système français de normalisation». Le projet de décret confie à l’Etat le rôle d’ « organiser et de contrôler la normalisation », installe auprès du ministre un « Comité de surveillance de la normalisation française » - qui n'existe pas chez nos grands voisins européens, et donne à un « Délégué interministériel aux normes » le pouvoir de s’opposer à toute décision du Conseil d’administration de l’AFNOR, alors que ce droit de veto demeure aujourd'hui limité à l’homologation des normes. Ce faisant, le projet de réforme de la normalisation s'inscrit manifestement à rebours de la politique précédente, au regard du précédent texte de 1984 qui organisait l’autonomie de la normalisation française, et à contre-courant de toutes les évolutions européennes en cours.
- 2. Bernard CARAYON demande à Mme le Ministre de l'Economie, de l'industrie et de l'emploi de définir l'existence juridique, non précisée dans les deux textes, du dispositif dénommé « système français de normalisation » qui « validerait » les documents et serait attributaire des ressources correspondant aux ventes de normes. Dans ce contexte, il s'interroge sur la nécessité de la création d'une redevance sur les certificats de conformité aux normes dans le domaine des produits et des services au profit du « système français de normalisation », en notant qu'il n'est pas prévu, par exemple de redevance sur les certificats de conformité aux normes de management, ni de redevance sur les certificats de conformité à d’autres documents que les normes. A ce titre, la question se pose d'un risque de confusion entre réglementation et normalisation, et du fonctionnement actuel de l'AFNOR qui perdrait les droits d'auteur et/ou d'exploitation sur la quasi-totalité des normes françaises, droits qu'elle détient aujourd'hui, elle se transformerait de facto en établissement public.
- 3. Enfin, il demande à Mme le Ministre de l'Econome, de l'industrie et de l'emploi de considérer la capacité d’influence internationale de la France dans le domaine de la normalisation. Le choix de la fragmentation des responsabilités entre l'AFNOR et les bureaux de normalisation sectoriels, ces derniers souffrant d'une faible visibilité internationale, se rapproche du modèle américain, mal-représenté au sein des organisations internationales de normalisation au regard de son poids économique mondial, et s'éloigne des dispositifs allemands et britanniques, qui conservent, avec la France, une place significative au sein du Comité européen de normalisation (CEN) et l'Organisation internationale de normalisation (ISO).
Posté dans Actualités | aucun commentaire »


